Qu’est-ce que la TCC?

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est décrite comme étant une psychothérapie centrée sur la modification de pensées et de comportements problématiques.
Celle-ci applique des principes dérivés de la recherche scientifique afin de traiter et modifier certains comportements humains. De plus, la TCC s’intéresse d’abord à la solution des problèmes actuels et en second lieu uniquement, à la compréhension de leur origine dans le passé. Une bonne relation thérapeutique est considérée comme étant essentielle à une psychothérapie d’approche cognitive-comportementale efficace. Enfin, il est possible de qualifier la TCC comme étant généralement active, directive, structurée et relativement de courte durée.

Les TCC sont des thérapies de changements, des thérapies d’apprentissage, qui ne peut pas apprendre?
En somme c’est une façon d’explorer:
  • votre perception de vous-même, du monde en général et des autres
  • comment votre comportement influence vos pensées et vos émotions.

Contrairement à d’autres traitements, cette thérapie est centrée sur vos troubles psychiques actuels. Au lieu d’analyser votre passé, pour trouver les causes de vos symptômes, cette forme de thérapie vous aide à trouver des techniques pratiques pour agir contre vos symptômes.
Les débuts de la thérapie commencent par une phase d’auto-observation du problème cible – en TCC nous travaillons sur un problème toujours défini – par les deux collaborateurs. En effet ce n’est pas une thérapie où l’un parle et l’autre écoute, non, ce sont deux chercheurs qui travaillent ensemble à l’élaboration du problème et à la pratique des techniques. Ainsi, au terme de cette auto-observation nous avons décortiqué les problèmes comme suit :

  • Situation déclenchante
  • Pensée
  • Emotion-Sensation
  • Comportement
Par exemple: Vous avez passé une mauvaise journée et vous êtes de mauvaise humeur. Vous sortez faire du shopping. Dans la rue, par hasard, vous rencontrez quelqu’un que vous connaissez et qui apparemment vous ignore complètement.
Négative Positive
Pensées Il m’a ignoré donc il est fâché et ne m’aime pas Il a l’air préoccupé; j’espère qu’il va bien
Emotions Déprimé, attristé, rejeté Inquiet pour la personne
Sensations Crampes abdominales Confortable
Physiques Manque d’énergie,nausée
Comportement
Retour à la maison et je compense en fumant, mangeant ou criant
On l’appelle pour en savoir plus
      
 
Dans l’exemple donné ci-dessus, on constate que la même situation a été interprétée à travers deux perspectives différentes. La réaction et la succession d’événements différent eux aussi á cause du processus mental liant pensées, émotions et comportement.
Prenant l’exemple présenté à gauche : On constate que la personne s’est précipitée sur une conclusion négative sans preuve du contraire. Comme on le voit, les conséquences qui ont suivi (émotions et les sensations inconfortables et un comportement délétère) sont sérieuses.
Si vous rentrez à la maison déprimé, vous allez probablement méditer sur l’incident et vous sentir encore plus mal. Si vous contactez cette personne il y a une bonne chance  pour que vous vous sentiez mieux. Si vous ne la contactez pas vous n’aurez pas la chance de clarifier les choses – et cela vous fera sentir encore plus mal.

Solutions?

  • L’approche comportementale: visera à apprendre un comportement alternatif au comportement problème (le calme en cas de stress) mais aussi à développer une compétence, par exemple, l’affirmation de soi. De même, dans l’abord des phobies, l’on remplace le comportement d’évitement par celui d’affrontement gradué de la situation phobique.
  • L’approche cognitive: elle visera plutôt à modifier la façon de penser. Ainsi nous apprenons à repérer les erreurs de jugements et ainsi à les corriger. Par exemple transformons la pensée « j’ai échoué, je suis nul(le) » par « j’apprends de mes erreurs ». Nous apprenons également à discuter les pensées, les critiquer « cette pensée elle-t-elle utile pour moi? »

La TCC pour qui?

La TCC aide les personnes qui souffrent de:
  • troubles anxieux
  • dépression
  • crises de panique
  • agoraphobie et autres phobies (y compris la phobie sociale)
  • stress
  • troubles du comportement alimentaire
  • troubles obsessionels compulsifs
  • syndrome de stress post-traumatique
  • mauvaise gestion de maladie chronique
La TCC peut aussi vous aider si vous souffrez de crises de colère, si vous avez mauvaise opinion de vous-même, ou si vous avez des problèmes physiques, comme la douleur ou la fatigue.

Déroulement d’une séance

Les entretiens sont  réalisés côte à côte et en collaboration. C’est ce que j’appelle la « collaboration thérapeutique ». Ainsi, à deux, nous explorons le problème défini, personne n’a la solution seul. Le rythme des séances et la durée sont également fixés ensemble.
La séance commence toujours par un débriefing des exercices mis en place lors de la précédente séance ainsi que par l’évaluation et la valorisation des progrès. Le thème de travail est alors défini conjointement et nous passons à la pratique. Enfin, après avoir résumé ensemble les éléments importants de l’échange, nous décidons des tâches à réaliser d’ici le prochain entretien.
Le grand avantage d’un processus d’apprentissage est que la thérapie a pour but de rendre la personne autonome et non dépendante du thérapeute!

Quelle est l’efficacité des TCC?

C’est l’un des traitements les plus efficaces pour les conditions comme la dépression et les troubles anxieux quand ils sont un problème majeur.
C’est le traitement psychologique le plus efficace pour les dépressions d’ordre modéré et sévère.
Elle est aussi efficace que les antidépresseurs pour plusieurs types de dépressions.
Le rapport rendu par l’INSERM en 2004 place les TCC parmi les thérapies les plus efficaces (voir page 31 du rapport) => link  
Malgré tout, cette approche n’est pas magique, elle requiert du temps et s’avère malgré tout difficile. Elle repose avant tout sur une pratique régulière des exercices, le thérapeute ne pouvant agir à votre place.
J’aurai plus tard l’occasion de développer les TCC par types de problèmes.
A bientôt
Yannick