Le toucher au service de notre santé mentale
Bonjour à toutes et à tous,
Bienvenue dans cette chronique de l’instant présent, explorons le toucher !. Et, en tant qu’ancien kinésithérapeute, le corps chevillé à l’âme, c’est de loin celui que je préfère, de loin celui qui nous manque.
🔸 Alors combien on touche 🫰?
Ainsi, le toucher est un besoin biologique et psychologique et bien que nous ne soyons pas tous dotés des mêmes dons et préférences, il est néanmoins le premier sens à se développer chez l’être humain 🤲. Il joue un rôle central dans la régulation émotionnelle, l’attachement, la réduction du stress, la perception de sécurité, la santé mentale et sociale. Rien que ça.🥰🥰🥰
Or, autant il est admis que le toucher chez les bébés 👶est une nécessité vitale notamment les soins de type « peau à peau », le massage et les câlins… autant on peut dire qu’il disparait grandement chez l’adulte et l’adolescent (ok pas totalement). Époque sans contact. 😩😵
Pourtant, je me souviens encore d’un des moments les plus chouettes avec une patiente (on attend la fin avant d’imaginer svp 🤣) qui, pour me remercier, de mes bonnes attentions thérapeutiques m’a demandé : je peux vous faire un câlin ?
Imaginez mon double mètre de bras et de taille se replier sur cette petite dame des iles. Un moment fort. Oui dans les iles un câlin c’est encore ok, et là qu’est-ce que c’était ok. Un bon instant présent. 🥰
Pourtant, on ne touche plus et le manque de contact et de développement de ce sens en devient même un problème que les chercheurs nomment le « skin hunger » 🤔: la faim de contact. 😨
👉 En effet, depuis la pandémie de COVID-19 et surtout sous l’influence de l’utilisation de réseaux et visio où le corps disparait, on ne se touche plus, ou si peu.
Tout comme un nourrisson que l’on priverait de contact, de « privation tactile », on observerait des symptômes associés du type, sensation de vide émotionnel, anxiété accrue, hypersensibilité au stress, solitude, dérégulation émotionnelle, fatigue psychique.
La pogne, la poignée de main, la main sur l’épaule le tout avec le consentement Co sentir c’est sentir, à deux, ce contact qui humanise, attendrit, galvanise. Oui, je sais, pas chez tout le monde car quand on a souffert d’une manière traumatique de son corps ou que le TSA est par là… ce n’est plus si simple. Et pourtant ces corps ont tant besoin de contact, mais dans ces cas on y va d’une manière homéopathique.
🔸 Toucher, c’est être en contact avec le monde
Albert Camus écrit, dans le Mythe de Sisyphe, « ce monde, je puis le toucher et je juge encore qu’il existe. Là s’arrête toute ma science, le reste est construction ». Toucher c’est s’ancrer dans le monde, en dehors tout est illusion. Toucher c’est s’assurer, s’assurer qu’il existe, s’assure qu’on existe. Comme en escalade, s’assurer c’est se prévenir la chute. Le toucher est alors un remède contre le vide, un antidote contre la gravité de la vie. 💪
👉 On touche avec les doigts (non pas avec les yeux) certes mais pas qu’eux !
En effet, on peut toucher avec ses pieds et à ce titre il y a un exercice de Yoga que je donne à absolument à tous mes patients : le Pada Bandha. Se rendre présent à ses appuis, s’ancrer dans le sol, pour ne plus vaciller, pour ne point tomber, pour se tenir droit, là à l’instant de notre vie. Et en santé mentale ça, ça compte beaucoup.
🔸 Et alors on se laisse aussi toucher ?
Enfin le toucher c’est aussi se laisser toucher. Par une légère brise, un doux vêtement et se laisser toucher par l’autre. Le contact avec le monde forge en nous la perception de notre corps, de notre enveloppe. Ainsi, tel un bébé travailler à retrouver ce « peau à peau » c’est percevoir son corps, c’est développer son estime, son soi, se ressentir plutôt que se juger. C’est percevoir ses limites. C’est s’accepter.🥰
Je sais ce n’est pas si simple mais là aussi on y va d’une manière homéopathique, à son rythme. Massage, embrassades, poignées de main et autres participent à notre construction psychologique… tout comme n’importe quel mammifère que nous sommes et cet autre cela peut être aussi soi. Combien de femmes ai-je vu se passer de la pommade sur les mains !
👉 Il y alors un autre exercice que je donne souvent et qui consiste à se masser les mains en conscience, s’enduire le corps avec tendresse avec une crème, une huile peut importe. Il est très utile chez les patients que j’accompagne suite à une chirurgie bariatrique tout autant que les personnes qui ont du mal à percevoir et leurs émotions et à accepter leur corps. Je me donne à moi-même ce contact dont j’ai besoin. En thérapie cela participe à l’édification d’un soi. Ça aussi ça participe aussi à percevoir notre corps, ses limites, dans l’instant. Faire avec lui plutôt que sans.
Ainsi, contempler et écouter le monde c’est bien mais redonnons au toucher ses belles lettres de noblesse ! Ce sens qui fera de vous le Prince de l’instant présent, la Princesse de son séant.
Aller, ce n’est pas l’envie ni l’inspiration qui manque car il y aurait de quoi en faire un livre , laissons la parole de côté. Mais si vous aussi le toucher vous parle 😅 on reste en contact en commentaire…
Bonne semaine à tous,
Yannick 🤘


